édito et tribune 2021

ÉCONOMIE CIRCULAIRE

Toute exposition est tributaire de son contexte, de l’architecture, de la lumière, du lieu qui l’accueille. C’est une évidence, la scénographie et les formes de l’exposition influent de manière plus ou moins forte sur la perception des œuvres. Cette année est particulière pour le salon Réalités Nouvelles qui vit encore plus cette contingence en multipliant les lieux où seront visibles les œuvres des cent vingt artistes sélectionnés par le comité, composé lui-même d’artistes.

La galerie Abstract Project est à l’image forte de la rue des Immeubles Industriels, le témoignage social et architectural de l’organisation du travail, l’Espace Commines résonne quant à lui de la mémoire industrielle parisienne, avec sa verrière et sa lumière zénithale, et le Réfectoire du couvent des Cordeliers, tout en longueur, est habité de son ancienne vocation : trois lieux distants de quelques stations de métro, mais unis en un projet. Cette unité est en premier lieu générée par la destination esthétique des Réalités Nouvelles depuis son origine : l’abstraction, ou les abstractions, fondement des statuts de l’association. Chacune des scénographies doit être en relation avec le lieu, mais conserver l’unité de la proposition et respecter les singularités, c’est le travail auquel se sont attelés les commissaires de l’exposition appuyés par le comité dans son entier.

Sous l’impulsion des deux artistes Sandrine Thiébaud Mathieu et Madeleine Sins, nous nous sommes rapprochés de La Réserve des Arts pour créer avec leurs équipes, la scénographie du Réfectoire des Cordeliers. Nous avons trouvé là une solution différente de la location de dispositifs habituels de l’industrie du spectacle. Ainsi, les cimaises, les socles et les comptoirs sont créés à partir de matériaux de réemploi. Du choix du gisement recyclable à la création, du démontage à la collecte après l’événement, nous participons avec un geste plus juste à une réforme nécessaire des habitudes dans l’élaboration des manifestations artistiques.

Et parce que là aussi il est juste de participer à la remise en cause des usages dans l’économie de l’exposition des œuvres d’art, nous avons trouvé une solution pour rémunérer symboliquement les artistes sélectionné·e·s. Certes, ce n’est pas encore satisfaisant, mais il est important que le droit d’exposition des artistes plasticiens, à l’instar de celui des autres disciplines comme la musique ou les arts vivants, soit respecté.

Les artistes des Réalités Nouvelles 2021 sont pour certaines et certains représentés par des galeries françaises ou étrangères, c’est donc naturellement que nous avons proposé aux galeries amies du salon, la Galerie Gimpel & Müller et la Galerie Seine 55, d’accueillir durant cette période une sélection d’artistes des Réalités Nouvelles qu’elles souhaitent défendre. C’est un bel échange que nous voulons continuer et favoriser pour soutenir encore plus les artistes.

C’est un paradoxe dans le monde de l’art où la pratique du bénévolat paraît une étrangeté, aux Réalités Nouvelles nous en tirons une capacité de mobilisation pour développer des actions aussi en dehors du salon annuel, à la galerie Abstract Project toute l’année, même en pleine crise et pandémie, mais aussi pour des expositions Hors les Murs, comme celles qui s’ouvrent du 4 décembre au 30 janvier 2022 à la Galerie 1905 à Shenyang en Chine, puis à Bastia en mai 2022 et Naples en juin 2022.

Le salon Réalités Nouvelles vit une actualité dynamique. Nous avons comme toujours le projet de synchroniser les multiples énergies créatrices branchées sur le monde pour mener à bien l’organisation de nos expositions d’artistes ; et comme la force des projets tient à l’énergie de ceux qui la dispense, ce sont donc les membres du comité que je souhaite remercier particulièrement, pour ce courage à puiser dans leur propre temps de création et de le donner à cette aventure des Réalités Nouvelles, au service d’un collectif.

Olivier Di Pizio
Président du comité du Salon Réalités Nouvelles,
Paris, 3 octobre 2021

Non essentiel – 不是必需的

Il y a dix-huit mois le monde s’est divisé en deux, les essentiels et les futiles, « entre ceux qui ont un flingue et ceux qui creusent » leurs tombes, pourtant l’abstraction ne connaît ni aurore ni crépuscule. Expositions et musées fermés, l’art s’est réfugié dans les ateliers, où les artistes imaginent ce qui s’est produit, ce qui doit se produire et pensent que ce qui se produit pourrait être autre. Rêveries extravagantes d’éternels mécontents pour ceux qui disent savoir tout mieux que les autres. L’artiste seul dans son atelier s’impose une discipline de travail, esprit détendu. L’abstraction mise à l’œuvre, jamais ne s’épuise. Ses idées, dans la mesure où elles ne constituent pas des oiseuses chimères, sont des réalités nouvelles (Neuen Wirklichkeit). Et il faut bien que l’artiste ait le sens des réalités mais « c’est un sens des réalités possibles lequel atteint beaucoup plus lentement son but que le sens qu'ont la plupart des hommes de leurs possibilités réelles. »*
L’abstraction (抽象) a suivi de multiples voies, latérales et arborescentes, au XXe siècle, dont témoignait l’exposition « Elles font l’abstraction » au Centre Pompidou, donnant à notre association toute sa dimension historique et actuelle de monstrations, de lieux de réflexions, d’espace de dialogues, de reconnaissance entre pairs. A l’origine de notre doctrine de l’abstraction, il y a la rencontre entre Wilhelm Worringer et Vassily Kandinsky, de la théorie historique de l’art et de la pratique artistique plastique. La thèse est cohérente et seules divergent les conclusions que chacun en a tiré entre sentiment et abstraction (Abstraktion und Einfûhlung **). Dualité qui structure l’art abstrait en opposant le sentiment individuel à l’abstraction collective, le naturalisme au style, l’organique à l’inorganique, la profondeur au plan/surface, l’arrondi à la ligne droite, l’optique au tactile, le vide au plein, mais qui se fondent dans le yin et le yang !
Que le monde ait une fin ou non, pourquoi nous encombrer de ce souci, puisque l’abstraction mise en œuvre, jamais elle ne s’épuise, par un principe dynamique et équivoque : concentrée elle peut se déployer, obscure briller, faible être vigoureuse, souple être rigide. Ainsi au principe de toute action artistique il y a bien l’inessentiel (空的) entre la lumière et l’ombre, principe régulateur d’un monde dont le pur et le léger montent et deviennent l’étendu. Cette surface n’est pas la surface optique que nous simule l’œil lorsque nous sommes à quelque distance des choses, mais bien la surface haptique que nous suggèrent les perceptions du sens du toucher, car c’est la certitude de l’impénétrabilité tactile dont dépend l’individualité matérielle de l’œuvre abstraite, non figurative, non objective et non essentielle : libre.
Comme dit le poète Friedrich Hölderlin : « Das Meiste nämlich Vermag die Geburt Und der Lichtstrahl, der Dem Neugebornen begegnet. »

Erik Levesque
Aachen, 2021

* Remerciements à Robert Musil, Li Tseu et Clint Eastwood. ** Wilhem Worringer, « Abstraction et Einfühlung, Contribution à la psychologie du style », Editions Klincksieck, 1986, traduction de l’édition révisée de 1906 en 1959.


édito et tribune 2020

La déception à l’aune de la raison, et puis, du non essentiel à l’indispensable

L’édition 2020 des Réalités Nouvelles devait être celle de la nouveauté pour notre association, car après de nombreuses années dans des lieux vastes pouvant accueillir une sélection de près de 400 artistes, nous devions finalement être 80 artistes dans le bel Espace Commines et plus d’une centaine à la galerie Abstract Project avec un accrochage de petits formats. La sélection a été rude, mettant à mal l’essence même du Salon : soutenir les artistes dans une communauté nombreuse, faire vivre une association historique mais aussi contemporaine. Beaucoup d’artistes déçus ne comprenant pas les baisses drastiques de financements qui nous projettent dans une autre échelle, en tout cas pas celle que lui accorde l’histoire et la nécessité de montrer en direct les œuvres plastiques de nombre d’artistes.
C’est à quelques encablures de l’ouverture de l’exposition que les décisions sanitaires gouvernementales n’ont pas permis la tenue de notre 74e édition. Beaucoup de travail, d’engagement bénévole de toutes les équipes malgré la pandémie et les artistes atteints eux-mêmes du virus. La déception à l’aune de la raison, et puis, du non essentiel à l’indispensable, nous avons tenu ouverte la galerie associative des Réalités Nouvelles, Abstract Project, ouverte aux expositions presque toute l’année, ouverte aux artistes dans la difficulté, aux artistes devenus images de réseaux sociaux. Une respiration, un lieu de soutien, de résistance, de résilience. Nous favorisons, en mettant en lien des artistes avec des acheteurs/collectionneurs, la part réaliste de notre action ; mais les fondements et l’esprit du Salon Réalités Nouvelles se situent dans le projet associatif de réseaux, de soutiens, d’échanges, de partages, de commun, de continuité d’une forme qui inscrit son histoire dans les expérimentations artistiques de chaque époque. C’est un lieu ouvert à un grand nombre d’artistes qui ne peuvent faire vivre leur travail dans le circuit réduit des galeries. C’est un soutien à la création par la diffusion du travail et une connexion sociale nécessaire dans ces temps complexes.
Le comité a choisi d’éditer ce catalogue 2020 avec des images des lieux d’exposition vides mais aussi les images des œuvres des artistes sélectionné·e·s, même si les images de peintures ou de sculptures sont les fantômes des œuvres, l’esprit des Réalités Nouvelles est bien là, vivant.
C’est en remerciant les artistes bénévoles qui ont tenu, contre vents et marées, pour faire vivre la galerie Abstract Project dans cette période de pandémie que nous nous donnons rendez-vous pour le Salon 2021. Et, je veux clore cet édito en remerciant nos principaux soutiens : le ministère de la Culture et l’ADAGP présents malgré l’année blanche pour le Salon Réalités Nouvelles.

Olivier Di Pizio
Président du comité du Salon Réalités Nouvelles, Paris, 2020

HYGIÈNE DES RÉALITÉS NOUVELLES
« A Gérard, le pangolin qu’on ne doit jamais appeler Toto ! »

L’objet esthétique (et politique) le plus important de notre époque est sans conteste ce téléphone intelligent, le «smartphone », que chacun d’entre nous a greffé dans sa main. Connecté au monde, aux autres, à la connaissance à travers cet étrange objet que nous caressons de notre doigt plus ou moins malhabile. Il nous faut, telle petite poucette, jouer des pouces, ou pour les plus vieux jongler avec leurs index et tenter de rattraper et de s’adapter aux rythmes des jeunes pouces. Nous tabulons des doigts, d’un geste souple nous faisons passer les pages, disparaître telle image apparaître telle autre sur l’écran tactile absolument lisse et doux. SurInstagram, Facebook, Pinterest ou même TikTok nous sommes en contact avec des oeuvres nouvelles ou similaires à de plus anciennes qui semblent sans généalogie. Nous les faisons avancer reculer. Nous jouons au carré magique avec des images-échantillons, des images vues, des images oubliées, des images consommées. L’information nous apparaît itérative et linéaire sans événement ni destin, condamnée à se répéter. On peut voir l’atelier de tel artiste ou d’untel. C’est justement ces images de l’atelier, de l’artiste au travail qui sont les plus « likées ». La rétine numérique transforme le monde en écran de contrôle. Le plaisir addictif qu’offre le smartphone est un espace tactile qui nous met en contact avec une oeuvre lissée par l’écran. Même les coques du téléphone sont matifiées, velours et souple au toucher, sans aspérité. Le portable est le symbole de l’esthétique triomphante du moment, lisse et transparente, décrite par le philosophe allemand Byung-Chul Han comme celle de l’homo digitalitus, de Jeff Koons à l’épilation brésilienne. La crise sanitaire que nous traversons, nous impose gestes barrières, distance sociale et physique. Arrachement économique et esthétique, elle renforce ces tendances déjà à l’oeuvre, du déplacement vers les écrans tactiles tout en nous interdisant l’expression du toucher.
Pour les peintres, les sculpteurs, et ce quels que soient leurs styles, c’est un étrange paradoxe. Non seulement leurs oeuvres se trouvent réduites à être vues dans une proportion congrue d’environ 5 x 10 cm, mais elles ont des couleurs codées en html, leur texture granulée a été lissée. Nous pouvons en tirant sur des lèvres virtuelles en faire grossir un détail, en en fendant le plan ! Même le lourd matiérisme espagnol d’un Tàpies, dont seuls les plus de 50 ans se souviennent, disparaît. Que reste-t-il de la touche, du toucher d’un peintre, de la texture d’une oeuvre sur un écran de smartphone ? C’est le défi devant lequel se trouve confrontée la nouvelle génération d’artistes des Réalités Nouvelles aujourd’hui, dans le contexte étrange de la distanciation sociale, de l’interdiction de se toucher, presque dans l’abolition du sens du toucher. Comment faire avec la disparition de la texture, de l’aspérité, de la présence, au profit de la transparence de la perception numérique, contagion technologique sans présence ni absence, qui à l’occasion de la crise du Covid-19 a trouvé une accélération hygiéniste sans précédent.
Alors comment faire passer l’histoire des Réalités Nouvelles et donner une nouvelle forme à son collectif d’artistes ? La longévité exceptionnelle, plus de 70 ans, de l’association des Réalités Nouvelles tient à ce qui, dès ses débuts, en a constitué sa spécificité : une dévotion exclusive à l’abstraction. L’abstraction définie par les mots non-figuration et non-objectif, regroupe toutes les formes d’art de peinture, de sculpture, de photographie qui souhaitent échapper au naturalisme, au réalisme et aux formes du vérisme en art. De Paris à Berlin, dans les ateliers de peinture des années 1920 et 1930, les artistes échangeaient pour savoir comment créer un monde nouveau, une autre réalité, Die « Neuen Wirklichkeit » osait Otto Freundlich mettant aux plurielles la « Réalité Nouvelle » de l’art chère à Guillaume Apollinaire. A Paris, dans ces années, deux groupes rivaux, l’un « Cercle et Carré » affirmait la primauté du rythme visuel, de la structure géométrique, l’autre « Abstraction-Création » affirmait la primauté de la non figuration. En 1939, les deux associations se fondent en une seule, « Réalités Nouvelles », pour contrecarrer l’influence prédominante des Surréalistes sur l’époque.
En stratigraphie, ces pôles esthétiques caractérisent l’association, l’un « géométrique » qui privilégie la géométrie classique, le nombre d’or et le rythme et l’autre « non figuratif » qui valorise la liberté, l’informel, la géométrie aléatoire et fractale. Cette tension traverse également les sections sculpture, gravure et photo au long des années.
Une première exposition a lieu à l’été 1939 avec les membres fondateurs de l’abstraction Kandinsky, Mondrian, Delaunay, Anton Pevsner, Kupka… La guerre interrompt cette histoire qui reprend en 1946 par la volonté de Sonia Delaunay et Nelly Van Doesburg. Elles créent un salon qui se tient tous les ans. Le succès est foudroyant, car il propose une nouvelle réalité au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de bâtir un nouveau monde sur les ruines de l’ancien. Faut-il tout oublier ? Est-ce la solution ? Faire table rase du passé et ne regarder que vers l’avenir ? Reconstruire par des choix architecturaux et techniques ? Chacun vient avec sa proposition, son attitude, sa solution, à condition qu’elle soit abstraite. Le Salon des Réalités Nouvelles devint un passage obligatoire pour tout artiste désirant pratiquer l’abstraction et exposer, qu’il soit français ou étranger. On ne peut qu’être impressionné par le nombre d’artistes célèbres ayant exposé durablement au Salon : Jean Dewasne, Agam, Soto, Nicolas Schöffer, Ellsworth Kelly, Pierre Soulages, Hans Hartung, Barbara Hepworth, Kupka, Baertling, Robert Motherwell, Shirley Jaffe, Judit Reigl, Maria Helena Vieira da Silva, Fahrelnissa Zeid, Carmen Herrera ou Pierrette Bloch… la liste est longue... de toutes nationalités : Français, Allemands, Anglais, Espagnols, Hollandais, Chinois, Japonais, Argentins, Vénézuéliens, Américains…
L’association est constituée d’un groupe limité d’artistes, une quarantaine environ, qui se cooptent et élisent un président. Elle organise toute forme d’exposition d’art abstrait. La vie des Réalités Nouvelles, avec ses changements de présidence, n’a pas été épargnée par les crises inhérentes à ce genre d’organisation autogérée : partisans de l’abstraction froide contre ceux de la chaude, définition contradictoire de l’abstraction, impressionnisme abstrait contre rigueur géométrique, problèmes d’égo et de reconnaissance, redoublés par les crises politiques de la décolonisation ou de mai 68… Réalités Nouvelles devient Nouvelles Réalités. Chafik Abboud, Pierre Alechinsky, Pierrette Bloch, Christine Boumeester, Colette Brunschwig, Corneille, Olivier Debré, Jean Degottex, Liliane Klapisch, Caroline Lee, Louis Nallard, Maria Manton, Louttre.B, Marie Raymond… côtoient les formes géométriques en mouvement des cinétiques Vera Molnar, Aurelie Nemours, Vasarely ou Morellet.
Dans les années 1970, l’apparition de nouvelles formes d’art abstrait, sous-tendues par une idéologie contestataire (Supports/Surfaces, Buren...), remettent en question le Salon, portée par des artistes qui en sont eux-mêmes issus. En réponse, les peintres Maria Manton et LouisNallard proposent alors une nouvelle définition de l'abstraction liée au gros plan photographique, dans une défense acharnée de la peinture et des artistes français. Parmi les artistes qui exposent au Salon on compte Ivan Contreras-Brunet, André Marfaing, Antoine de Margerie... Les combats sont idéologiques, mais les réseaux de solidarité entre artistes se consolident en une force de résistance et lieu d’expression rare. En 1980, le Salon devient le lieu de la permanence de l'abstraction définie comme « la peinture en elle-même » et de «l'abstraction jusqu'en ses marges » figuratives, selon les mots des présidents Jacques Busse et Guy Lanoë. Avec les années 2000 et la présidence de Michel Gemignani puis d’Olivier Di Pizio, alors que l'art est pris dans la révolution numérique qui bouleverse tout sur son passage, le Salon devient un laboratoire de recherche où se croise peinture, sculpture, arts et sciences, ouvrant de nouvelles approches à une réalité devenue virtuelle. L’association se projette à l’international, plusieurs fois aux Etats-Unis, à Pékin et à l’université des Beaux-Arts de Shenyang en 2019 en Chine, au Montenegro en Serbie avec des Salons hors-les-murs. Elle organise des expositions en France, en Champagne, en Normandie, en Auvergne, et ouvre une galerie permanente 5 rue des Immeubles Industriels à Paris.
Au total en plus de 70 éditions près de 10 000 artistes ont partagé l'aventure de l’abstraction et des Réalités Nouvelles. Aujourd’hui c’est un nouveau défi qui attend ses artistes : trouver de nouvelles formes à l’abstraction, non figurative, non objective qui combinent à la fois l’exigence de la monstration par l’exposition au public tout en offrant une réponse haptique pour trouver du grain, de la rugosité et de l’aspérité dans un monde de transparence tactile qui vous trace.

Erik Levesque
Paris 2020