arts et sciences

2021


Depuis 2014, une section arts et sciences, animée par le groupe Labofactory – collectif d’artistes co-fondé par Jean-Marc Chomaz (artiste, physicien, directeur de recherche au CNRS et professeur à l’Ecole polytechnique), Laurent Karst (architecte designer et professeur à l’ENSA Dijon) et François-Eudes Chanfrault, compositeur – propose de nouvelles réalités qui questionnent le monde en rendant visible l’invisible.



Curiosita Magnetica
Curiosita Magnetica est une installation proposée par les étudiants de l’ARC – atelier de recherche et de création « Interfaces Art, Science et dispositifs d’espace » – de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Dijon sous la direction de Laurent Karst, architecte-designer du collectif LABOFACTORY, et professeur à l’ENSA Dijon, à l’origine de ce travail et du dispositif de recherche sur les champs magnétiques.
A partir d’un dispositif simple, des objets sont capables de se transformer et de se déplacer sous l’action des champs magnétiques. Cette installation met en question notre capacité à s’inscrire dans un monde instable et incontrôlable. Elle tente d’apporter une réponse à ces sollicitations, plus sensorielle que rationnelle, de façon à interroger nos possibilités de « maîtrise » et/ou de « non maîtrise » des lois de la nature et de notre environnement.

Curiosita Magnetica, installation composée des œuvres de : Eunyoung Lee, designer, diplômée de l’ENSA Dijon en 2019 – Maëva Ferreira Da Costa, artiste, diplômée de l’ENSA Dijon en 2020 – Yann Terstegge, designer étudiant Erasmus à l’ENSA Dijon en 2019 – Xinyang Liu, designer, diplômée de l’ENSA Dijon – Laurent Karst, architecte/designer, professeur à l’ENSA Dijon en design d’espace.


LABOFACTORY – Laurent KARST, Curiosita Magnetica, Magnetic Spider (création lors du symposium Useful fictions à l’Ecole polytechnique), 2019, carton, aimants, ferrofluides et mouvements chaotiques © Laurent Karst


LABOFACTORY – Laurent KARST, Curiosita Magnetica, Magnetic Spider (création lors du symposium Useful fictions à l’Ecole polytechnique), 2019, carton, aimants, ferrofluides et mouvements chaotiques © Laurent Karst

L’échelle de Kardashev – Maëva Ferreira Da Costa
En regard du dispositif Curiosita Magnetica, Maëva Ferreira Da Costa, récemment diplômée de l’ENSA Dijon, présente trois pièces – Asteros solanums, Oligophrène et Les Éteints – regroupées sous le titre L'échelle de Kardashev (une méthode de classement de civilisations qui se base sur leur puissance technologique et énergétique).

Espace sonore : une création de Filippo Fabbri, chercheur-compositeur.

Avec Asteros solanums, une série de 45 photographies, Maëva Ferreira Da Costa crée une fiction scientifique. Elle entremêle le factice et le réel, sonde les angles morts du savoir humain et les frontières entre l'art, la science et la science-fiction – une expérience photographique. En jouant avec l'échelle de l'objet photographié, le tubercule macroscopique devient astéroïde gigantesque. L'image en appelle alors à la crédulité et au scepticisme du regardeur. Les Asteros solanums flottent entre le grotesque et le sublime.

La forme géométrique d’Oligophrène, dont le sens échappe, semble chargée d’énergies. Inspirée par l’observation de grains de sels au microscope à balayage, elle se dresse comme un totem auquel on ne saurait quel rituel prêter, ou comme le dernier pilier d'une ruine bien étrange. Le totémisme inspire cependant confiance, il donne l’illusion d’un lien entre l’objet et le spectateur, d’un rapport spirituel naissant, presque mystique. Croyances et théories parascientifiques se rencontrent. Le récit autour de cette sculpture interroge son pouvoir d'action holistique de tout sujet sur le plan du corps, de l’émotionnel, du spirituel et de l’environnemental. La forme des Éteints échappe à la compréhension instantanée. Elle ne trouve pas tout à fait sa place ni dans la famille des minéraux, des vestiges astraux ou géologiques, ni dans la famille des biomorphes, animaux ou coquillages. Le creux est d'ailleurs utilisé comme un élément perturbateur de lecture sur l’origine de ces objets. Chaque céramique est une preuve du “fantastique naturel” de Roger Caillois et d’une biologie minérale. Chaque strate porte les informations d’un long voyage mais d’un temps incertain, ancestral ou futuriste.



Maëva FERREIRA DA COSTA, Asteros solanums [détail], 2018, série de 45 photographies, 300 x 500 cm © Maëva Ferreira Da Costa


Maëva FERREIRA DA COSTA, Oligophrène [détail], 2020, totem de plâtre, 160 x 40 x 40 cm © Maëva Ferreira Da Costa


Maëva FERREIRA DA COSTA, Les Éteints [détail], 2020, céramiques émaillées sur plateforme laquée, 40 x 150 x 250 cm © Maëva Ferreira Da Costa

La présentation des installations arts et sciences au Salon Réalités Nouvelles 2021 bénéficie du soutien de l’ENSA Dijon

www.ensa-dijon.fr